Concernant les conditions de travail et de sécurité de ses salariés, l’assad poursuit sa réflexion avec l’UTBM (Université de Technologie Belfort Montbéliard) dans le cadre d’un projet porté par UNA Franche-Comté et financé par l’ANACT (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail).
Le travail engagé avec l’UTBM, plus précisément avec l’équipe ERCOS (ERgonomie et COnception des Systèmes), fait suite à un certain nombre de constats dans l’aide à domicile :
- une augmentation des situations d’inaptitudes au poste de travail sans possibilité de reclassement
- une augmentation des accidents du travail et des maladies professionnelles
- une prise en charge des personnes à domicile de plus en plus complexe, liée à l’aggravation des pathologies chez les usagers.
Deux groupes d’étudiants et leurs professeurs ont réalisé, en 2010, une étude ergonomique des situations de travail des aides à domicile avec pour objectif de mieux diagnostiquer les risques professionnels et de réfléchir à leur prévention. L’assad a été site pilote pour cette étude qui a également associé les membres du CHSCT de l’assad, le médecin du travail et le contrôleur sécurité de la CARSAT, invités à participer au comité de piotage.
Le rendu définitif de l’étude a été présenté lors de la dernière réunion du comité de pilotage de janvier 2011.
Au niveau opérationnel, l’étude a comporté différentes étapes dont :
- le recueil et l’analyse d’un certain nombre d’indicateurs (âge, ancienneté des salariés, absentéisme, accidents du travail…)
- l’accompagnement et l’observation d’aides à domicile pendant leurs interventions
- des entretiens, des questionnaires.
L’UTBM a mis à disposition des étudiants les moyens matériels tels que des ordinateurs équipés de divers logiciels spécifiques, des appareils de mesure.
Cette étude met en évidence :
- les difficultés rencontrées par les aides à domicile, difficultés liées pour partie à des contraintes physiques, organisationnelles et psychosociales
- la grande variabilité entre les situations rencontrées par les aides à domicile, cette variabilité étant liée aux personnes elles-mêmes, aux logements et aux taches à réaliser.
Au niveau de la charge physique, l’étude pointe des facteurs liés à des gestes et postures contraignants, à l’amplitude des mouvements, à la répétitivité des gestes, aux manutentions et ports de charge, aux manipulations et transferts de personnes. A cette liste, il faut ajouter des facteurs liés au domicile des personnes : matériel parfois inadapté et/ou défectueux, difficultés d’accès, présence d’escaliers et de dénivelés, absence d’aide médicalisée, aménagement général du domicile inapproprié. Ces différents facteurs entrainent des problèmes biomécaniques à l’origine de troubles musculo-squelettiques, notamment de douleurs au niveau du bas du dos ainsi qu’aux mains et aux poignets.
Au niveau de la charge mentale, l’étude met en évidence que le métier d’aide à domicile demande des aptitudes psychologiques, des attitudes décisionnelles et soumet les salariés à différentes contraintes, en particulier une forte contrainte « temps », comme par exemple la crainte d’arriver en retard chez les personnes.
Ces différents facteurs entrainent du stress chez certaines salariées.
L’étude a également répertorié les facteurs risques liés à l’environnement - les risques routiers, de chute, électriques, chimiques, biologiques, animaliers… - et les facteurs organisationnels.
Elle permet aussi de mieux identifier et quantifier en termes de temps la part des différentes tâches de l’activité des aides à domicile. Ainsi, les tâches ménagères représentent 48% du temps de travail, la préparation des repas 15%, les temps d’échanges avec les personnes 20% et les temps de déplacement environ 6%.
A partir de cet important travail d’observation et d’analyse, l’UTBM a élaboré des préconisations, des recommandations, des propositions qui ont trait à la formation, à l’organisation, à la communication, à la sensibilisation de l’ensemble des personnes concernées y compris les bénéficiaires ou les prescripteurs. Ces pistes de travail concernent aussi l’aménagement de l’appartement pédagogique de l’assad afin qu’il soit le plus adapté possible en termes de mise en situation par rapport aux configurations rencontrées par les aides à domicile chez les personnes.
Ces propositions sont à l’étude, leur réalisation dépendra aussi du coût financier (et donc des financements possibles) et de leur faisabilité. D’ores et déjà, certaines ont été prises en compte, par exemple « assad infos », le bulletin d’information mensuel destiné aux salariés est consacré ce mois à la prévention des risques professionnels.
Quoi qu’il en soit cette étude riche en enseignements orientera la politique de prévention des risques professionnels à l’assad.